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Guide · Addiction au jeu

Se soigner d'une addiction au jeu : les traitements qui marchent

Oui, on peut se faire soigner d'une addiction au jeu, et plusieurs soins existent en Belgique. La recherche montre un bénéfice pour la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) à court terme, mais avec des preuves de qualité faible. Pour les médicaments, le soutien est préliminaire. Cette page passe chaque soin en revue : ce que la recherche a établi, ce qu'elle n'a pas établi, le déroulement d'une première consultation et le coût, chiffres et calculs à l'appui. Si vous voulez parler tout de suite : SOS Jeux, 0800 35 777, gratuit, 24 h/24[8].

En bref

  • Le mieux étudié : la thérapie cognitivo-comportementale (TCC). Elle réduit le jeu juste après la thérapie. On ne sait pas si l'effet dure.
  • Médicaments : soutien préliminaire pour la naltrexone et la nalméfène. Les antidépresseurs ne font pas mieux qu'un placebo (un faux médicament).
  • Hypnose : nous n'avons trouvé aucune revue scientifique. « Pas de preuve » ne veut pas dire « inefficace ».
  • Coût : avec un psychologue conventionné, 10 séances reviennent à 99 euros pour un adulte (36 euros avec l'intervention majorée), 0 euro avant 24 ans.
  • Rechute : fréquente, elle n'est pas un échec.

Quels soins existent pour le jeu pathologique ?

On parle aussi de jeu pathologique. Il se soigne surtout par la parole : consultations avec un psychologue ou un psychiatre, séances individuelles, groupes de parole. Un médicament ou un séjour à l'hôpital peuvent s'y ajouter dans certains cas. Les centres d'aide ne publient pas de durée type de traitement, et nous n'en donnons donc pas.

À la Clinique du Jeu de Bruxelles, la psychologue responsable décrit une prise en charge qui commence par un bilan des conséquences psychologiques et financières. Elle travaille ensuite sur la fonction du jeu, souvent une façon de fuir des émotions pénibles. Si une personne joue encore mais va mieux, l'équipe y voit déjà une réussite[10]. L'objectif n'est donc pas toujours l'arrêt complet. Le même article rappelle qu'auparavant, un joueur attendait en moyenne huit ans avant de consulter.

Pour repérer les signes d'une dépendance, voyez comment repérer une addiction au jeu.

Que dit la recherche sur chaque traitement ?

Nous nous appuyons sur deux revues Cochrane. Une revue Cochrane rassemble tous les essais comparatifs disponibles sur une question. Ses auteurs jugent aussi la qualité des preuves.

La thérapie cognitivo-comportementale (TCC)

La TCC travaille sur les pensées et les comportements liés au jeu. La revue Cochrane de 2022 sur les thérapies psychologiques du jeu pathologique et problématique porte sur 14 essais et 1.245 participants. Elle conclut que la TCC réduit le jeu et les autres symptômes juste après la thérapie (0 à 3 mois). On ne sait pas combien de temps l'effet dure : une seule étude a suivi les participants 9 à 12 mois, avec des effets plus faibles et non significatifs. Les auteurs jugent les preuves de qualité faible à très faible et préviennent que les résultats peuvent surestimer l'efficacité[1].

L'entretien motivationnel

C'est une série d'échanges où le soignant aide la personne à clarifier elle-même ses raisons de changer. Selon la même revue, il réduit les pertes d'argent liées au jeu, mais pas clairement les autres symptômes. Peu d'études existent[1]. Preuve préliminaire.

Les groupes d'entraide

La revue Cochrane n'a trouvé qu'une étude sur un groupe inspiré des Douze Étapes, avec 18 participants : trop peu pour conclure. Cela ne signifie pas que ces groupes ne servent à rien, seulement que la preuve manque. En Belgique francophone, la page officielle joueurs.aide-en-ligne.be[8] liste des groupes Joueurs Anonymes à Bruxelles, à Liège et à Marche-en-Famenne.

Les médicaments

La revue Cochrane « Pharmacological interventions for the treatment of disordered and problem gambling », publiée le 22 septembre 2022, porte sur 17 essais et 1.193 participants[2] :

  • Naltrexone et nalméfène : bénéfice moyen à court terme sur la gravité des symptômes, décrit comme un soutien préliminaire. Pas d'amélioration claire du nombre de personnes qui répondent au traitement. Selon les essais, 10 % à 32 % des participants ont arrêté le traitement à cause d'effets indésirables, le taux le plus élevé des médicaments étudiés.
  • Antidépresseurs : pas plus efficaces qu'un placebo.
  • Olanzapine : bénéfice à court terme dans 2 petites études.
  • Stabilisateurs de l'humeur : résultats non concluants.

Certitude des preuves : faible à très faible. Nous n'avons pas trouvé le statut de la naltrexone pour le jeu en Belgique (autorisation, prescription, remboursement). Seul un médecin peut dire si un médicament convient à votre cas.

Et l'hypnose ?

Nous n'avons trouvé aucune revue scientifique sur l'hypnose contre le jeu pathologique. Nous ne pouvons donc rien affirmer, ni en bien ni en mal. Méfiez-vous des cabinets ou des applications qui promettent la guérison : aucune source officielle belge ne confirme une telle promesse.

Tableau : traitement, niveau de preuve, où en Belgique, coût pour vous

Traitement Niveau de preuve Où en Belgique Coût pour vous
TCC Efficace à court terme, preuves faibles, durée de l'effet inconnue Chez un psychologue ou dans un centre : demandez s'il la pratique Psychologue conventionné : 1re séance gratuite, puis 11 euros (4 euros avec intervention majorée). Le Pélican : 20 euros
Entretien motivationnel Préliminaire Idem : aucune liste de centres qui le proposent n'est publiée Idem
Groupes d'entraide Preuve insuffisante (1 étude de 18 personnes) Joueurs Anonymes (Bruxelles, Liège, Marche-en-Famenne) ; groupe de parole du Pélican Gratuité de Joueurs Anonymes non confirmée ; groupe de parole du Pélican à prix libre ; groupe de première ligne : 2,50 euros
Naltrexone, nalméfène Préliminaire, effets indésirables fréquents Statut belge non trouvé Non trouvé
Antidépresseurs Pas mieux qu'un placebo pour le jeu Sur avis médical Non trouvé
Hypnose Pas de preuve : aucune revue trouvée Non applicable Non applicable
Hospitalisation Pas étudiée dans les revues citées Hôpital psychiatrique Voir le calcul plus bas

Sources des prix : INAMI[3] et Bruxelles-J[9].

À quoi ressemble une première consultation ?

Chaque centre a sa façon de faire, et nous n'avons trouvé aucun déroulement officiel commun. Voici ce que les sources permettent de dire, en général :

  1. La prise de contact. Par téléphone auprès d'un centre. Pour la Clinique du Jeu, le rendez-vous se prend uniquement par e-mail, selon Jeminforme[12].
  2. Le bilan. Le soignant fait le point sur votre situation psychologique et financière[10].
  3. Le sens du jeu pour vous. Le travail porte ensuite sur ce que le jeu vous apporte, par exemple fuir une émotion pénible (même source).
  4. Les objectifs. Vous fixez avec le soignant ce que vous voulez changer, à votre rythme.

Chez un psychologue de première ligne conventionné, la 1re séance individuelle est gratuite. Le psychologue y vérifie que votre demande entre dans le dispositif et, pour un traitement, fait un bilan de votre situation[3]. Ce dispositif vise les problèmes psychologiques légers à modérés. Les pages de l'INAMI lues ne parlent pas du jeu : nous n'affirmons donc pas qu'il couvre le jeu pathologique. Demandez-le au réseau de santé mentale ou à votre mutuelle. Vous pouvez aussi en parler à votre médecin généraliste : nous n'avons pas trouvé de source officielle belge sur son rôle précis.

Autre option : le site gratuit et anonyme Joueurs Aide-en-ligne, géré par l'asbl Le Pélican. Après un test, vous pouvez y être suivi pendant 3 mois par un psychologue, par chat ou par téléphone[11].

Combien coûte un suivi, et que rembourse la mutuelle ?

Les montants ci-dessous sont ceux de la grille INAMI au 1er janvier 2026[4] : honoraire de 91,13 euros pour une séance individuelle de première ligne chez un psychologue conventionné. Vous n'en payez qu'une part. Ce sont les mêmes chiffres que sur notre page des aides pour les joueurs en Belgique. Un adulte de 24 ans et plus paie 11 euros par séance après la 1re séance gratuite, 4 euros avec l'intervention majorée (un tarif plus avantageux accordé sous conditions par la mutuelle), 2,50 euros en groupe. Jusqu'à 23 ans inclus, c'est gratuit. Pour un adulte, l'INAMI rembourse au maximum 8 séances individuelles par 12 mois en soutien psychologique. En traitement psychologique, il prévoit en moyenne 8 séances et 20 au maximum[3].

Estimation d'un suivi de 10 séances

Notre calcul. Pour un adulte, 10 séances supposent un traitement psychologique (jusqu'à 20 séances), car le soutien s'arrête à 8. Jusqu'à 23 ans inclus, le soutien va jusqu'à 10 séances.

Situation Calcul Votre part
Psychologue conventionné, 24 ans et plus 1 séance gratuite + 9 x 11 euros 99 euros
Idem, avec intervention majorée 9 x 4 euros 36 euros
Psychologue conventionné, moins de 24 ans 0 euro à payer 0 euro
Le Pélican, sans remboursement 10 x 20 euros 200 euros
Au tarif plein de référence de l'INAMI 10 x 91,13 euros 911,30 euros

Le tarif plein de 91,13 euros est un simple repère, pas un prix de marché : nous n'avons pas trouvé de source officielle sur les prix des psychologues non conventionnés. Leur prix est libre et l'assurance obligatoire ne les rembourse pas ; une éventuelle aide de l'assurance complémentaire dépend de votre mutuelle. Avec un psychologue conventionné, la différence avec le tarif plein est de 911,30 - 99 = 812,30 euros, prise en charge par l'assurance. Refaites le calcul avec votre nombre de séances : (nombre - 1) x 11 euros, ou x 4 euros.

Le tarif du Pélican (20 euros en individuel, 25 euros en couple ou en famille, accueil social gratuit) vient de Bruxelles-J[9], mise à jour du 9 juillet 2026. Le tarif de la Clinique du Jeu n'est pas publié.

Coût d'une semaine en hôpital psychiatrique

Nous n'avons pas trouvé de durée type d'hospitalisation pour le jeu : 7 jours est un exemple, pas une norme. Voici la part à votre charge selon la circulaire INAMI de janvier 2026[5] : 47,88 euros pour le jour d'admission, puis 20,61 euros par jour. Avec l'intervention majorée, c'est 7,32 euros par jour, jour d'admission compris. Votre part pour les médicaments est de 0,91 euro par jour d'hospitalisation depuis le 1er mars 2026[6].

Situation Calcul sur 7 jours Total
Sans statut particulier 47,88 + 6 x 20,61 + 7 x 0,91 = 47,88 + 123,66 + 6,37 177,91 euros
Avec intervention majorée 7 x 7,32 + 7 x 0,91 = 51,24 + 6,37 57,61 euros

Ces totaux sont notre calcul, hors honoraires des médecins, suppléments (une chambre individuelle, par exemple) et soins non remboursables. Un tarif spécial s'applique aussi à d'autres cas (chômeur complet depuis 12 mois, avec charge de famille ou isolé, par exemple : 34,59 euros le jour d'admission, selon la même circulaire). L'hôpital peut facturer d'autres éléments : demandez une estimation à son service de facturation ou à votre mutuelle.

Une hospitalisation n'est pas la règle. Les centres cités par Joueurs Aide-en-ligne sont surtout ambulatoires ; deux d'entre eux mentionnent un hôpital de jour ou une hospitalisation, dont le détail est dans notre répertoire des centres. Appelez pour savoir s'ils accueillent le jeu.

Et si vous rechutez ?

François Mertens, psychologue clinicien à l'asbl Le Pélican, explique que les retours au jeu sont fréquents et ne signent pas un échec : le rétablissement avance par cycles[11]. Si cela vous arrive, reprenez contact avec votre soignant ou avec SOS Jeux. Rien n'oblige à recommencer de zéro.

Check-list : questions à poser avant un premier rendez-vous

  1. Recevez-vous des patients qui ont un problème de jeu ?
  2. Quel est le prix d'une séance, et la première est-elle gratuite ?
  3. Êtes-vous conventionné par l'INAMI ?
  4. Dans quel délai puis-je être reçu ?
  5. Proposez-vous des groupes, et un accueil pour mon entourage ?
  6. Quelle approche utilisez-vous (TCC, entretien motivationnel) ?

Contacts utiles

  • SOS Jeux : 0800 35 777, gratuit, 24 h/24, 7 j/7.
  • Le Pélican : 02 502 08 61, rue Vanderborght 20, 1081 Bruxelles.
  • Aide en ligne : joueurs.aide-en-ligne.be, gratuit et anonyme selon la RTBF.
  • Clinique du Jeu : cliniquedujeu.be. Plusieurs numéros circulent : passez par le site pour obtenir le bon.
  • Psychologue conventionné : moteur de recherche de l'INAMI.
  • Urgence : 112.

Questions fréquentes

Quel est le traitement le plus efficace contre l'addiction au jeu ?

La thérapie cognitivo-comportementale est la mieux étudiée : elle réduit le jeu à court terme. Les preuves sont de qualité faible et la durée de l'effet est inconnue[1].

Un médicament peut-il soigner le jeu pathologique ?

Aucun médicament n'est établi. La naltrexone et la nalméfène ont un soutien préliminaire à court terme ; les antidépresseurs ne font pas mieux qu'un placebo[2]. Demandez l'avis d'un médecin.

L'hypnose soigne-t-elle l'addiction au jeu ?

Nous n'avons trouvé aucune revue scientifique : on ne peut ni l'affirmer ni l'exclure.

Une ordonnance est-elle nécessaire pour consulter un psychologue ?

Pour le soutien psychologique de première ligne, l'INAMI n'indique pas d'ordonnance obligatoire. Les pages lues ne disent pas si ce dispositif couvre le jeu : demandez-le à votre mutuelle.

Un traitement est-il anonyme ?

Cela dépend du service. L'aide en ligne de joueurs.aide-en-ligne.be est décrite comme gratuite et anonyme[11]. Pour un centre ou un cabinet, posez la question au premier contact.

Combien de temps dure un traitement ?

Nous n'avons pas trouvé de durée standard publiée en Belgique. Elle varie selon la personne et se décide avec le soignant. Seul repère publié, qui n'est pas une durée de soin : pour un traitement chez un psychologue de première ligne, l'INAMI rembourse en moyenne 8 séances et 20 au maximum par 12 mois.

Sources

  1. Cochrane, thérapies psychologiques pour le jeu pathologique et problématique (2022) : https://www.cochrane.org/evidence/CD008937_psychological-therapies-pathological-and-problem-gambling
  2. Cochrane, traitements pharmacologiques du jeu (2022) : https://www.cochrane.org/CD008936
  3. INAMI, soins psychologiques de première ligne : https://www.inami.fgov.be/fr/themes/soins-de-sante-cout-et-remboursement/les-prestations-de-sante-que-vous-rembourse-votre-mutualite/soins-de-sante-mentale/vos-soins-psychologiques-de-1re-ligne-rembourses-via-les-reseaux-de-sante-mentale
  4. INAMI, tarifs au 1er janvier 2026 : https://www.inami.fgov.be/SiteCollectionDocuments/tarif_ppl_orthopedagogue_psychologue_clinique_20260101.pdf
  5. INAMI, circulaire hôpitaux et hôpitaux psychiatriques (janvier 2026) : https://www.inami.fgov.be/SiteCollectionDocuments/circulaires_hopitaux_2025_13_et_psychiatriques_2025_03_corr.pdf
  6. INAMI, circulaire médicaments en hôpital psychiatrique (février 2026) : https://www.inami.fgov.be/SiteCollectionDocuments/circulaires_hopitaux_2026_05_et_psychiatriques_2026_01.pdf
  7. INAMI, recherche d'un psychologue conventionné : https://webappsa.riziv-inami.fgov.be/silverpages/Psychologist/
  8. Joueurs Aide en ligne, besoin d'aide : https://joueurs.aide-en-ligne.be/besoin-daide/
  9. Bruxelles-J, trouver de l'aide : https://www.bruxelles-j.be/drogues-addictions/trouver-de-l-aide/
  10. BX1, 31 mars 2026 : https://bx1.be/categories/news/en-quatre-jours-jai-tout-perdu-le-temoignage-dun-ancien-addict-aux-jeux-dargent/
  11. RTBF, 25 juin 2026 : https://www.rtbf.be/article/jeux-d-argent-et-de-hasard-les-conseils-d-un-psychologue-pour-sortir-de-l-addiction-11747323
  12. Jeminforme, Clinique du Jeu : https://www.jeminforme.be/?p=85
  13. Clinique du Jeu : https://cliniquedujeu.be/aides/joueurs/
La rédaction de Jeu Responsable Info

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