En bref
- Le mot « classe B ou C » : la loi parle de classes de lieux (I à IV) et de licences désignées par des lettres. Une salle de jeux est une licence B, un café une licence C.
- Dans un café : au plus 4 appareils, de type bingo ou one-ball, ou à mise atténuée. Pas de contrôle EPIS.
- Perte horaire : la loi fixe un plafond de perte MOYENNE par heure pour l'appareil. Ce n'est pas un plafond pour vous.
- Âge : 21 ans.
- Besoin d'en parler ? SOS Jeux, 0800 35 777, gratuit, 24 h/24.
Classe ou licence : de quoi parle-t-on ?
La loi du 7 mai 1999 range les lieux de jeu en quatre classes : casino (classe I), salle de jeux automatiques (classe II), débit de boissons (classe III) et agence de paris (classe IV)[1]. Les trois premières classes correspondent aux licences A, B et C. Les agences de paris relèvent des licences F, et la licence D est une licence personnelle pour le personnel des casinos, des salles de jeux et des agences de paris (art. 25, même texte).
| Lieu | Classe | Licence | Licences actives fin 2025 |
|---|---|---|---|
| Casino | I | A | 9 |
| Salle de jeux automatiques | II | B | 175 |
| Café (débit de boissons) | III | C | 3.992 |
Les chiffres de fin 2025 viennent du rapport annuel 2025 de la Commission des jeux de hasard[6]. Une licence C correspond à un café, pas à un appareil. Le nombre de cafés titulaires recule : 4.667 fin 2023, 4.272 fin 2024, 3.992 fin 2025 (même rapport). Le tableau complet des licences est sur la page de la Commission des jeux de hasard.
La loi plafonne aussi le nombre de lieux : 9 casinos au maximum (art. 29) et 180 salles de jeux automatiques au maximum (art. 34). Chaque salle est liée à sa commune par une convention, qui fixe aussi ses jours et ses heures d'ouverture (art. 34)[1].
Que trouve-t-on dans un café ?
Un café peut avoir au plus deux jeux de hasard automatiques et deux jeux à mise atténuée, soit 4 appareils[1]. Cette limite date de la loi du 7 mai 2019. Les jeux permis en classe III sont le bingo (plusieurs billes) et le one-ball (une seule bille à placer dans le trou du numéro allumé)[5]. La liste a pu être complétée par un arrêté de 2004, que nous n'avons pas pu lire.
Selon La DH, les appareils de type poker, black jack ou slots (« 3.3 ») sont interdits en café depuis 2019[11].
Pour les appareils de café, l'arrêté royal du 25 octobre 2018 fixe notamment[3] :
- une mise de base limitée à 0,25 euro, et une mise maximale de 25 fois la mise de base, soit 6,25 euros ;
- pour les appareils à mise atténuée, une mise de 0,50 euro et un gain maximal de 6,20 euros par jeu ;
- l'arrêt de l'alimentation de l'appareil au-delà de 20 euros introduits, pour les appareils à mise atténuée ;
- l'interdiction de rejouer automatiquement les gains.
Et dans une salle de jeux automatiques ?
Pour la classe II, l'arrêté royal du 8 avril 2003 fixe une mise comprise entre 0,10 et 0,25 euro et un gain maximal de 50 euros par jeu, soit 200 fois la mise maximale[2]. Nous avons lu le texte de publication de 2003. Il a été modifié depuis (notamment en 2004) : vérifiez les montants actuels auprès de la Commission. Ce texte de 2003 fixe aussi une perte horaire moyenne de 12,50 euros au plus (art. 5), alors que la loi parle de 25 euros pour la classe II (voir plus bas).
La loi interdit dans les classes I à IV les distributeurs de billets, et dans les classes II à IV le paiement par carte de crédit[1]. L'entrée en salle suppose une identification, voyez plus bas.
Casino, salle, café : le tableau pour comparer
« Non précisé » signifie que nous n'avons pas trouvé la règle dans les textes que nous avons lus. Nous ne la remplaçons pas par une supposition.
| Règle | Casino (A) | Salle de jeux (B) | Café (C) |
|---|---|---|---|
| Mise | Non précisée (arrêté royal du 3 décembre 2006) | 0,10 à 0,25 euro (arrêté de 2003) | 0,25 euro de base, jusqu'à 6,25 euros ; 0,50 euro à mise atténuée (arrêté de 2018) |
| Gain maximal par jeu | Non précisé | 50 euros (arrêté de 2003) | 6,20 euros à mise atténuée ; autres appareils non précisé |
| Perte moyenne par heure, plafond fixé par la loi | Non visé par l'article 8 | 25 euros[1] ; 25 euros aussi dans l'arrêté de 2003, art. 5 et 12[13] | 12,50 euros[1] |
| Redistribution minimale en moyenne | 84 % pour les appareils automatiques[4] | 84 % théorique[2] | Non précisée |
| Âge | 21 ans | 21 ans | 21 ans |
| Contrôle EPIS | Oui | Oui | Non |
| Nombre de lieux | 9 au maximum | 180 au maximum | 3.992 licences actives fin 2025 |
Sources du tableau : loi du 7 mai 1999[1], arrêté royal du 25 octobre 2018[3] pour les cafés, et les arrêtés cités dans les cases. Ces arrêtés sont lus dans leur texte de publication, pas dans une version consolidée.
Comment fonctionne une machine ?
À chaque partie, l'appareil tire un résultat au hasard. La partie précédente n'influence pas la suivante. Pour la classe II, l'arrêté exige un générateur de nombres aléatoires fiable à 95 % au minimum[2]. Les appareils de café doivent compter les mises totales, les gains totaux, le nombre de jeux et le temps de jeu, et transmettre leurs données chaque jour[3].
Une machine ne « se rattrape » donc pas après une série sans gain. Cette idée est détaillée dans notre page sur les fausses croyances sur le jeu.
Que veut dire « 84 % de redistribution » ?
C'est une moyenne, établie sur l'ensemble des mises cumulées. Sur 100 euros misés, 84 euros au moins reviennent en moyenne aux joueurs, et l'appareil garde donc au plus 16 euros. Ce chiffre ne décrit pas votre soirée : vous pouvez perdre toute votre mise en quelques minutes, ou gagner un jour. Il dit seulement que, sur la durée, la perte est le résultat attendu : c'est l'avantage de la maison.
Combien perd-on en moyenne en une soirée ?
L'article 8 de la loi fixe, pour les classes II à IV, un plafond de perte moyenne par heure pour l'appareil[1]. Ce plafond est une règle pour le fabricant et l'exploitant. Il ne vous protège pas : vous pouvez perdre davantage en une heure, et rien dans la loi ne vous dit qu'une certaine perte serait « raisonnable ». Ces montants peuvent être indexés selon des règles fixées par le Roi, et l'article a encore été modifié par la loi du 30 avril 2026. Vérifiez donc les montants en vigueur sur le site de la Commission.
Notre calcul, qui multiplie simplement le plafond de la loi par la durée :
| Durée | Café (12,50 euros par heure) | Salle de jeux (25 euros par heure) |
|---|---|---|
| 1 h | 12,50 euros | 25 euros |
| 2 h | 25 euros | 50 euros |
| 4 h | 50 euros | 100 euros |
Pour une salle de jeux, l'arrêté royal du 8 avril 2003 retient le même plafond de 25 euros par heure depuis le 1er juillet 2004[13].
Lecture : ce sont des pertes moyennes que la loi tolère pour l'appareil, pas des sommes que vous pourriez « prévoir de perdre ». Pour chiffrer votre propre budget, parlez-en avec un service d'aide aux joueurs.
Qui vérifie votre âge et votre exclusion ?
L'âge minimum est de 21 ans, dans les trois types de lieux. Les détails, les contrôles et les sanctions figurent dans notre guide sur l'âge légal pour jouer.
- Casino et salle de jeux : l'identification est obligatoire et le registre EPIS est consulté[1].
- Café : l'appareil doit avoir un lecteur de carte d'identité électronique et ne démarre qu'avec la carte du joueur. Sans carte, le tenancier peut le lancer avec une carte d'exploitant, « après vérification de l'âge »[3].
- EPIS en café : la classe III ne figure pas dans la liste des lieux soumis au contrôle EPIS[1]. Une personne exclue peut donc encore jouer sur les appareils d'un café. Le 16 avril 2026, la Cour constitutionnelle a jugé cette exception injustifiée, avec une correction attendue au plus tard fin 2027[8]. Pour vous faire exclure là où l'EPIS s'applique, voyez notre guide sur l'exclusion de jeu.
Un café laisse jouer un mineur : que faire ?
Pour une personne de moins de 21 ans, la loi vise le tenancier. Quatre gestes simples, sans garantie de résultat :
- Notez la date, l'heure et le lieu.
- Prévenez la police ou la commune. Si la police dresse un procès-verbal, la commune en informe la Commission, et le bourgmestre peut mettre les appareils sous scellés[1].
- Écrivez à la Commission des jeux de hasard par sa page de contact ou au 02 504 00 40.
- Si la personne est en difficulté, appelez SOS Jeux au 0800 35 777.
Pour une personne exclue, la situation est différente : le café n'a aujourd'hui aucun moyen officiel de consulter EPIS. Voir plus haut.
Ce qui pourrait changer
Une proposition de loi (DOC 56 0230/001), déposée le 18 septembre 2024 par S. Van Hecke, S. Schlitz et d'autres députés, voudrait ramener le nombre d'appareils à 2 par café et étendre EPIS aux cafés[9]. Il s'agit d'un texte déposé, pas d'une loi. Selon la fiche de la Chambre[10], il est toujours pendant, avec un dernier examen en commission le 17 mars 2026. Ne le considérez pas comme une règle en vigueur.
Contacts utiles
- SOS Jeux : 0800 35 777, gratuit, 24 h/24, 7 j/7. Aide en ligne : joueurs.aide-en-ligne.be.
- Commission des jeux de hasard : Cantersteen 47, 1000 Bruxelles. Téléphone : 02 504 00 40. Formulaire de contact.
Questions fréquentes
Un café peut-il avoir des machines à sous en Belgique ?
Oui, avec une licence C, mais au plus 4 appareils, de type bingo, one-ball ou à mise atténuée. Les appareils de type poker ou black jack sont interdits en café selon La DH.
Quel âge faut-il avoir ?
21 ans, en casino, en salle de jeux et en café.
Y a-t-il une limite de mise ?
En café, oui : 0,25 euro de base et 6,25 euros au maximum, 0,50 euro pour les appareils à mise atténuée. En salle de jeux, la mise va de 0,10 à 0,25 euro selon l'arrêté de 2003. Pour les casinos, nous n'avons pas trouvé de plafond dans les textes lus.
Les appareils peuvent-ils être truqués ?
La loi les soumet à des normes techniques et à des contrôles de la Commission. Nous n'avons pas de source pour dire à quelle fréquence ils sont contrôlés dans les cafés.
Puis-je me faire exclure des cafés ?
L'exclusion EPIS ne couvre pas encore les cafés. Pour vous protéger, parlez-en à SOS Jeux, 0800 35 777.
Sources
- Loi du 7 mai 1999 sur les jeux de hasard, texte consolidé : https://refli.be/fr/lex/1999010222
- Arrêté royal du 8 avril 2003 (classe II) : https://etaamb.openjustice.be/fr/arrete-royal-du-08-avril-2003_n2003009277.html
- Arrêté royal du 25 octobre 2018 (classe III) : https://etaamb.openjustice.be/fr/arrete-royal-du-25-octobre-2018_n2018014588
- Arrêté royal du 3 décembre 2006 (casinos) : https://etaamb.openjustice.be/fr/arrete-royal-du-03-decembre-2006_n2006009809.html
- Arrêté royal du 22 décembre 2000 (jeux de classe III) : https://etaamb.openjustice.be/fr/arrete-royal-du-22-decembre-2000_n2000010149.html
- Commission des jeux de hasard, rapport annuel 2025 : https://gamingcommission.be/sites/default/files/2026-09/CJH_2025_rapport-annuel_FR_single-page.pdf
- Commission des jeux de hasard, contact : https://www.gamingcommission.be/fr/contact-1
- Cour constitutionnelle, communiqué de l'arrêt 45/2026 : https://fr.const-court.be/public/f/2026/2026-045f-info.pdf
- Chambre des représentants, proposition de loi DOC 56 0230/001 : https://www.lachambre.be/FLWB/PDF/56/0230/56K0230001.pdf
- Chambre des représentants, fiche du dossier 56 0230 : https://www.lachambre.be/kvvcr/showpage.cfm?section=/flwb&language=fr&cfm=/site/wwwcfm/flwb/flwbn.cfm?legislist=legisnr&dossierID=0230&legislat=56
- La DH, 13 juillet 2019 : https://www.dhnet.be/actu/societe/la-commission-des-jeux-de-hasard-serre-la-vis-dans-les-cafes-certaines-machines-a-sous-vont-disparaitre-5d28afaad8ad58593584b51c
- Aide en ligne pour les joueurs, besoin d'aide : https://joueurs.aide-en-ligne.be/besoin-daide/
- Arrêté royal du 8 avril 2003, art. 5 et 12 : https://www.ejustice.just.fgov.be/eli/arrete/2003/04/08/2003009277/justel



